Nivelar la distancia

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“Nivelar la distancia” (Balance the Distance) is a solo exhibition that consists of nine medium-format photographs along with a video piece, Reconstitution du jardin delectable (Reconstruction of the Delectable Garden, 2008). Photographs of private backyards with no human presence shot from an elevated angle, miniatures inspired by seventeenth-century French gardens, and common, almost-forgotten objects remaining in those spaces are shown together with the video of a garden being traversed by a moving camera. Scale, distance, and point of view are the main axes of these pieces that intersect references and processes based on perspective as a primary concept. The idea for the project arose while I observed my neighbor’s backyard from the second floor and came to a very basic conclusion: objects from above look flat and different. As I was not on the same level as them, their natures changed as well as my perception and affection of them. The starting point of the research questions how the gaze from above, projected over a surface down below, may reorient the affective perception of the objects we are observing. To look and to shoot with the body hanging in the void is not a natural gesture. Looking down becomes a loaded act and the arrangement of a conscious and focused gaze. In that sense, although in the photographs there is neither human presence nor a visible body, the body is itself the measure of the shots seizing them from the outside: it is not the aerial view of a bird or a shot taken from a helicopter or satellite. It is not even the gaze of God. The height of the shot takes us back to a certain humanity of the gaze, rather than a divine one.

Nivelar la distancia est une exposition personnelle constituée par une série de photographies et une vidéo (Reconstitution du jardin délectable). Le projet propose un croisement entre références, idées et processus diverses : photographies des jardins et des cours arrières de maisons et de bâtiments résidentiels ; photographies de maquettes, inspirées des jardins français du 17ème siècle ; des objets quotidiens délaissés dans les jardins et un jardin qui est parcouru par une caméra en mouvement constant. Toutes ces images sont liées à la Perspective, à la position du regard et à l’idéologie de l’observateur. Échelle, distance, et point de vue sont les axes de composition de ces pièces. L’idée de réaliser ce projet commence lors de l’observation du jardin de mon voisin depuis ma fenêtre au deuxième étage. Je me suis aperçue d’un fait basique mais pas moins fascinant : les objets placés dans le jardin, vus d’en haut, deviennent plats. De même, nous ne sommes pas habitués à regarder depuis ce point de vue et ainsi, lorsqu’ils ne se trouvent pas au même niveau, les objets changent de « nature ». Ainsi, la position du regard engage l’activité perceptuelle et affective sur les objets regardés. Dans les pièces, il n’y a pas de présence humaine visible aux images. Néanmoins, le corps absent devient la mesure des prises de vue : il ne s’agit pas de la vue aérienne d’un oiseau, d’un hélicoptère, de la vue depuis un satellite ou de la vue de dieu. La hauteur de la prise de vue nous renvoie à une certaine humanité du regard. En contrepoint à l’ensemble de photographies, la vidéo Reconstitution du jardin délectable (9’38”,couleur, son stéréo, boucle) propose une autre logique du regard : la caméra se déplace dans une forêt dés-habitée, vide ; maintes fois parcourue, et sans une orientation trop évidente, elle semble devenir un espace labyrinthique. À l’intérieur du mouvement, l’espace se construit lui-même, et le regard n’arrive pas à s’accrocher à une chose quelconque. Le mouvement sans cesse créé une tension entre ce qui est dans l’image et ce qui est en dehors, entre ce qui est proche ou loin de la caméra, entre ce que nous espérons et ce qui n’arrivera jamais.

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